Avec Sinners, Ryan Coogler et Michael B. Jordan ne livrent pas un simple film, mais un sortilège cinématographique.
Dans la veine d’Une nuit en enfer, cette œuvre résonne comme un vieux blues des années 30, où chaque note suinte l’histoire, la douleur et la beauté d’une Amérique hantée par ses propres démons.
Alors qu’ils cherchent à s’affranchir d’un lourd passé, deux frères jumeaux reviennent dans leur ville natale pour repartir à zéro. Mais ils comprennent qu’une puissance maléfique bien plus redoutable guette leur retour avec impatience…
Connu pour Creed : L’Héritage de Rocky Balboa, ainsi que pour les deux films consacrés au super-héros Marvel Black Panther, Ryan Coogler s’essaie pour la première fois avec Sinners au genre horrifique.
C’est au Pathé Levallois que nous avons eu le privilège de découvrir le long métrage tant attendu.
Avec une Dolby Atmos de compétition, la sensation sonore prend tout son sens durant les 2h17 de film.
Dans un double rôle fascinant,
Jordan incarne les jumeaux Elijah et Elias avec une maîtrise qui frôle la perfection artistique, une performance miroir d’une précision sans pareil. L’un incarne la rage contenue, l’autre la fragilité blessée. Ensemble, ils incarnent l’héritage d’un peuple, fracturé, mais indomptable.
La grande originalité de Sinners ? Avoir transformé le mythe du vampire en une métaphore sociale puissante. Ici, ce n’est pas le sang qui est bu, mais la mémoire qu’on tente d’effacer. Les vampires ne vivent pas dans des châteaux, mais dans les silences de l’Histoire, les coins d’ombre d’un pays qui n’a jamais vraiment regardé en face ses péchés originels.
Ryan Coogler signe une mise en scène à la fois viscérale et élégante, où la caméra semble flotter comme un nuage dans le ciel, s’arrêtant pour écouter les histoires que les pierres ont oubliées. L’esthétique, entre clair-obscur gothique et réalisme sale, donne au film une texture presque orgasmique.
Mais c’est dans le silence entre les dialogues, dans les regards échangés, que Sinners brille le plus. On sort de la salle avec le cœur battant et cette ambiance électrique qui persiste même avec le générique de fin.
16 avril 2025 en salle | 2h 17min | Action, Epouvante-horreur, Thriller De Ryan Coogler | Par Ryan Coogler | Avec Michael B. Jordan, Hailee Steinfeld, Miles Caton
