LOL 2.0 de Lisa Azuelos réussit un pari délicat : capter l’air du temps sans jamais se laisser enfermer par lui. Plus qu’une simple suite, le film agit comme une mise à jour sensible de son univers, où l’adolescence n’est plus seulement un âge, mais un langage en perpétuelle évolution.
Anne profite enfin de sa liberté après le départ de ses enfants. Mais tout bascule quand sa fille Louise, revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental.
Et comme une surprise n’arrive jamais seule, son fils Théo lui annonce qu’elle va devenir grand-mère ! Entre chocs générationnels, rêves en mutation et nouveaux élans amoureux… Anne comprend que la vie ne suit jamais tout à fait le plan prévu, et qu’à tout âge, on continue toujours d’apprendre à grandir.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la manière dont Lisa Azuelos intègre les réseaux sociaux, les messages instantanés et les écrans au récit. Ils ne sont jamais de simples accessoires décoratifs, mais des espaces où se jouent des drames intimes, des élans amoureux et des quêtes identitaires.
Le film montre comment l’exposition permanente amplifie les sentiments, accélère les malentendus, mais offre aussi de nouvelles formes de solidarité et d’expression. En ce sens, LOL 2.0 évite le piège du discours moralisateur : il constate sans condamner, préférant comprendre plutôt que juger.
La cinéaste filme les écrans, les messages et les réseaux sociaux non comme des gadgets, mais comme de véritables extensions émotionnelles des personnages. Le résultat est étonnamment chaleureux : derrière la vitesse des échanges numériques, le film laisse toujours affleurer le besoin fondamental de lien, de regard et de reconnaissance.
Côté casting, nous nous régalons de nouveau, le rôle principal est à nouveau tenu par Sophie Marceau. Thaïs Alessandrin (fille de la réalisatrice) est également de retour, comme Alexandre Astier et Françoise Fabian.
Ce qui fait la force de LOL 2.0, c’est son regard bienveillant, presque complice, sur le fossé générationnel. Le film ne cherche jamais à opposer parents et enfants, il observe plutôt leurs maladresses réciproques avec une ironie douce, sans jugement.
Les adultes tâtonnent face aux nouveaux codes, les adolescents se débattent avec des émotions éternelles, amour, jalousie, peur d’être soi, simplement amplifiées par la technologie. Cette mise en miroir donne au récit une vraie profondeur : chacun apprend de l’autre, souvent sans s’en rendre compte.
Enfin, LOL 2.0 se distingue par son ton : léger sans être superficiel, moderne sans être cynique. La mise en scène fluide, rythmée par une bande-son actuelle, accompagne des personnages sincères auxquels on s’attache rapidement.
Là où le premier LOL capturait une génération en pleine mutation, LOL 2.0 en explore les prolongements naturels, avec une lucidité et une tendresse qui font toute sa singularité. Le film ne cherche pas à « faire jeune » à tout prix : il observe, écoute et restitue, avec une justesse rare, les nouveaux modes de communication et les émotions intemporelles qu’ils véhiculent.
Lisa Azuelos signe un film qui parle de son époque tout en restant profondément humain, et rappelle que, quelles que soient les plateformes ou les générations, grandir reste une expérience universelle, parfois chaotique, souvent drôle, mais toujours émouvante.
11 février 2026 en salle | 1h 45min | Comédie De Lisa Azuelos | Avec Sophie Marceau, Thaïs Alessandrin, Vincent Elbaz