Sept ans après Braqueurs, Julien Leclercq effectue un retour convaincant au format série avec GIGN, une production ambitieuse qui confirme sa maîtrise du cinéma d’action.
Habitué aux récits sous haute tension grâce à des films comme L’Assaut, Lukas ou encore Le Salaire de la Peur, le scénariste-réalisateur retrouve un univers qui lui correspond parfaitement. Cette immersion au cœur du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale bénéficie d’une mise en scène précise, d’un rythme soutenu et d’une volonté constante de conjuguer spectacle et crédibilité.
Portée avec assurance par Tomer Sisley, la série tient pleinement ses promesses. Dès les premiers épisodes, elle installe une tension permanente qui ne retombe pratiquement jamais, alternant opérations à haut risque, moments de préparation et affrontements particulièrement intenses.
Julien Leclercq soigne autant la montée dramatique que les séquences d’action, offrant un récit nerveux et explosif qui séduira sans difficulté les amateurs de thrillers militaires et policiers. Chaque intervention est pensée pour maintenir le spectateur en haleine, avec une efficacité qui rappelle les meilleurs films d’action du réalisateur.
Le casting constitue également l’une des grandes forces de GIGN. Tomer Sisley incarne avec beaucoup de conviction un personnage solide, expérimenté et profondément investi dans sa mission. À ses côtés, Guillaume Gouix apporte toute son intensité habituelle tandis que Thierry Neuvic impose une présence rassurante et crédible.
La série fait également le choix d’intégrer une nouvelle génération d’acteurs avec Tristan Zanchi, qui interprète Max avec sincérité et énergie. Son personnage apporte une dimension plus humaine en découvrant progressivement les exigences d’une unité d’élite, créant un équilibre intéressant entre expérience et relève.
L’autre réussite majeure de la série réside dans son souci d’authenticité. Bien au-delà des fusillades et des scènes spectaculaires, GIGN prend le temps de montrer la rigueur de l’entraînement, l’importance de la cohésion d’équipe et la discipline indispensable à ce type d’unité.
Cette approche plus réaliste permet de mieux comprendre les responsabilités qui pèsent sur ces opérateurs d’élite et renforce l’immersion. L’action n’est jamais gratuite : elle s’inscrit dans un contexte crédible qui donne davantage de poids aux enjeux humains et opérationnels.
La réalisation de Julien Leclercq contribue largement à cette réussite. Les interventions sont lisibles, les chorégraphies d’action particulièrement maîtrisées et la tension est entretenue jusqu’au bout grâce à une mise en scène dynamique qui ne sacrifie jamais la narration au profit du spectaculaire. La photographie soignée et le travail sur les décors participent eux aussi à créer une atmosphère immersive qui plonge le spectateur au plus près des opérations.
Enfin, GIGN conclut sa première saison sur une note particulièrement efficace. Le dernier épisode laisse planer une menace immédiate et ouvre de nombreuses perspectives pour la suite. Entre un cliffhanger parfaitement maîtrisé, un événement qui redistribue les cartes et plusieurs interrogations laissées volontairement en suspens, la série donne véritablement envie de découvrir la prochaine saison.
Cette conclusion renforce l’impression d’avoir assisté à une œuvre ambitieuse, immersive et généreuse, qui parvient à conjuguer action, réalisme et émotion tout en rendant hommage à un métier aussi exigeant que fascinant. Une excellente réussite pour Julien Leclercq, qui signe sans doute l’une des séries d’action françaises les plus abouties de ces dernières années.
Sortie le 22 juillet 2026 sur Netflix | 50 min |Action, Drame, Thriller
Créée parJulien Leclercq, Sylvain Caron | AvecTomer Sisley, Géraldine Pailhas, Guillaume Gouix
