Des assiettes généreuses, une cuisine qui joue avec les grands plaisirs du bistrot et des desserts où la gourmandise s’exprime sans retenue : notre passage au Choupinet nous a offert une parenthèse aussi conviviale que réconfortante. Une adresse où l’on vient avec de l’appétit et où l’on comprend rapidement que la générosité n’est pas qu’une promesse.
Il y a quelque chose de profondément réjouissant dans les tables qui ne cherchent pas à compliquer le plaisir.

Au Choupinet, notre expérience s’est justement construite autour de cette sensation : celle d’une cuisine immédiatement compréhensible, généreuse dans ses assiettes et suffisamment soignée pour donner aux grands classiques du bistrot une vraie présence.
Ici, pas besoin de multiplier les artifices. Une belle burrata, une viande saisie comme il faut, quelques accompagnements bien choisis et un dessert franchement gourmand suffisent parfois à raconter beaucoup plus qu’une assiette excessivement sophistiquée.
Et lorsque tout cela arrive sur une table en bois, dans cette atmosphère de bistrot où l’on a naturellement envie de prendre son temps, le décor est posé.
La burrata, fraîcheur en ouverture
Notre dégustation débute par une burrata accompagnée de tomates et de basilic.
Une association connue, certes, mais dont tout l’intérêt réside précisément dans l’équilibre. La burrata apporte sa texture crémeuse et enveloppante ; les tomates viennent réveiller l’ensemble avec leur fraîcheur, tandis que le basilic introduit cette touche végétale presque indispensable.

L’assiette est simple, colorée et solaire.
C’est aussi le genre d’entrée qui donne immédiatement le ton du repas : on ne cherche pas ici à déconstruire un classique pour le reconstruire autrement. On préfère le servir avec gourmandise et laisser les produits faire leur travail.
Une entrée fraîche qui prépare parfaitement à ce qui arrive ensuite.
Le bistrot reprend ses droits
Car la suite change clairement de registre. Avec le steak grillé et ses accompagnements, on bascule dans ce que la cuisine de bistrot possède de plus réconfortant. La viande arrive avec cette coloration extérieure qui ouvre immédiatement l’appétit, tandis que la découpe révèle une chair encore rosée.

Autour, les accompagnements prolongent cette impression de générosité : des frites dorées que l’on picore presque machinalement et des haricots verts qui apportent une respiration plus végétale à l’ensemble.
Ce n’est pas une assiette qui demande à être longuement analysée avant d’être dégustée. Et c’est justement ce qui nous plaît. Elle provoque une réaction beaucoup plus instinctive : on a envie d’y goûter.
Le plaisir vient du contraste entre le grillé de la viande, son cœur plus tendre et les accompagnements familiers. Un plat généreux qui rappelle que la cuisine de bistrot est souvent à son meilleur lorsqu’elle assume pleinement ce qu’elle est.
Les côtelettes d’agneau, généreuses et pleines de caractère
Autre temps fort de notre repas : les côtelettes d’agneau.
Elles arrivent dans une assiette particulièrement appétissante, avec cette belle saisie qui concentre immédiatement le regard. Les côtelettes conservent ce caractère propre à l’agneau, tout en s’accompagnant d’une sauce crémeuse qui vient apporter de la rondeur à l’ensemble. C’est probablement l’un des plats qui résume le mieux l’esprit de notre expérience au Choupinet.

Il y a du relief, de la gourmandise, de la sauce — et aucune volonté de faire semblant d’être raisonnable. L’assiette donne envie de saucer, de prendre son temps et de retrouver cette manière très française de considérer le repas comme autre chose qu’une simple nécessité.
La mousse au chocolat : la gourmandise jusqu’au bout
Puis arrive ce moment délicat où l’on sait pertinemment que le repas pourrait s’arrêter. Mais où la carte des desserts vient ruiner toute tentative de sagesse. Notre mousse au chocolat accompagnée de chantilly appartient clairement à cette catégorie.
Dans son contenant transparent, le chocolat sombre contraste avec une chantilly généreuse qui semble presque vouloir s’échapper du dessert. Visuellement, le message est limpide : ici, on ne termine pas le repas avec trois copeaux de chocolat et une feuille de menthe posée dans un coin.

La gourmandise est frontale. Le chocolat apporte son intensité tandis que la chantilly vient adoucir chaque bouchée avec sa texture plus aérienne. C’est régressif, généreux et exactement le genre de dessert que l’on commande en annonçant que l’on prendra « juste une cuillère » avant d’y revenir quelques secondes plus tard.
Les fruits rouges pour terminer avec fraîcheur
À ses côtés, le dessert aux fruits rouges propose une autre manière de conclure le repas.
Fraises, framboises et myrtilles composent une assiette éclatante, organisée autour d’une généreuse crème. Après les viandes et le chocolat, cette profusion de fruits apporte une fraîcheur particulièrement bienvenue.
Les framboises offrent leur légère acidité, les fraises leur douceur plus ronde et les myrtilles complètent le jeu de textures.

La crème ramène évidemment la gourmandise — nous sommes au dessert, après tout — mais les fruits empêchent l’ensemble de devenir trop lourd.
Deux desserts, finalement, pour deux envies : le chocolat pour céder complètement à la gourmandise ; les fruits rouges pour terminer sur quelque chose de plus frais sans renoncer au plaisir.
Une cuisine qui préfère le plaisir à la démonstration
C’est peut-être ce que nous retiendrons le plus de cette expérience au Choupinet.
Il existe aujourd’hui une tentation permanente de transformer chaque assiette en démonstration, chaque plat en concept et chaque dîner en expérience supposément extraordinaire.
Ici, notre repas nous a raconté quelque chose de beaucoup plus simple et peut-être de plus précieux.
Le plaisir d’être à table. Celui d’une burrata que l’on partage avant d’attaquer une belle pièce de viande. Celui des frites que l’on continue à attraper alors que l’on avait pourtant décidé d’arrêter. Celui d’une sauce que l’on refuse de laisser au fond de l’assiette. Et celui, enfin, d’une mousse au chocolat surmontée d’une quantité de chantilly suffisamment généreuse pour faire oublier toute notion de raisonnable.
Notre passage au Choupinet aura ainsi été une expérience à l’image de ses assiettes : vivante, généreuse, familière juste ce qu’il faut et surtout profondément gourmande.
Une cuisine qui ne cherche pas à impressionner à tout prix, mais qui réussit quelque chose de finalement bien plus essentiel : donner envie de rester encore un peu à table.
