Nous avons la chance de pouvoir interviewer Aurélia Agel, la jeune femme de 28 ans qui s’est imposée dans l’univers très exigeant des cascades internationales. Des tatamis de son enfance aux plateaux des plus grandes productions hollywoodiennes, cette Française au parcours hors norme incarne une nouvelle génération de femmes qui repoussent les limites du cinéma d’action.
Des arts martiaux aux projecteurs d’Hollywood
Née le 26 février 1998 à Orléans, Aurélia Agel n’imaginait peut-être pas, lorsqu’elle découvrait les arts martiaux à cinq ans, que sa passion la conduirait un jour au cœur des superproductions américaines. Judo, karaté, taekwondo, boxe américaine… Très tôt, elle développe une discipline de fer et une maîtrise impressionnante des techniques de combat.

Derrière cette athlète accomplie se dessine déjà une personnalité déterminée, prête à transformer ses capacités physiques en véritable langage cinématographique. Un temps attirée par la pâtisserie, elle choisit finalement une tout autre voie : celle des cascades professionnelles. Une décision audacieuse qui va bouleverser son destin.
Une ascension spectaculaire
Après un passage au Campus Univers Cascades, Aurélia Agel fait une entrée remarquée dans le septième art avec Anna, le thriller d’espionnage de Luc Besson sorti en 2019, dans lequel elle double Sasha Luss. Ce premier tremplin ouvre les portes d’une carrière internationale particulièrement prometteuse. Les grandes productions s’enchaînent. De Black Widow à Sentinelle, en passant par l’univers Marvel, elle met son talent au service de scènes d’action aussi spectaculaires que minutieusement chorégraphiées.
Elle prête notamment ses compétences à des personnages incarnés par Olga Kurylenko et Karen Gillan, avant de retrouver l’univers des super-héros avec Thunderbolts en 2025. Une trajectoire fulgurante qui témoigne de sa polyvalence, de sa précision et de sa capacité à évoluer dans un milieu où chaque mouvement exige une préparation exceptionnelle.
Une Française qui s’impose dans un univers ultra-compétitif
Ce qui distingue Aurélia Agel, au-delà de ses performances physiques, c’est cette alliance rare entre technicité sportive et sens du spectacle. Car être cascadeuse ne consiste pas simplement à réaliser des prouesses. Il faut aussi interpréter un personnage, comprendre une intention de mise en scène et donner à chaque combat une intensité crédible.

Dans une industrie longtemps dominée par les hommes, la jeune Française contribue à faire évoluer le regard porté sur les femmes dans les métiers de l’action. Son parcours rappelle surtout que les talents français peuvent rayonner bien au-delà de nos frontières, y compris dans les disciplines les plus exigeantes du cinéma mondial.
Quand la passion rencontre l’amour
Hollywood lui aura également réservé une rencontre déterminante sur le plan personnel. Sur le tournage de la série Halo, elle croise la route de Justin Howell, cascadeur américain ayant notamment travaillé sur des productions Marvel. Unis par leur passion commune pour le cinéma d’action, ils se marient en 2023 et s’installent à Toronto, au Canada. Une belle histoire qui accompagne une carrière déjà riche en expériences internationales.
Et ce n’est que le début…
À 28 ans, Aurélia Agel possède déjà un parcours que beaucoup mettraient des décennies à construire. De ses premiers entraînements dans le sud-ouest de la France aux studios hollywoodiens, elle a su transformer une passion d’enfance en une carrière impressionnante.

Discrète à l’écran, spectaculaire dans l’action, Aurélia Agel fait partie de ces talents de l’ombre sans lesquels les plus grandes scènes du cinéma n’auraient pas la même intensité. Et si son nom reste encore méconnu du grand public, son travail, lui, a déjà fait le tour du monde. Une réussite française qui mérite, plus que jamais, d’être mise en lumière.
ENTRETIEN AVEC AURÉLIA AGEL
À quel moment votre passion pour les arts martiaux est-elle devenue une vocation pour le cinéma et les cascades ?
J’ai commencé les arts martiaux à l’âge de 4 ans, donc ça a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi avec cette passion du mouvement, du dépassement de soi et de l’adrénaline. Mais pendant longtemps, je ne savais même pas qu’on pouvait en faire un métier au cinéma. Quand j’ai découvert l’univers de la cascade, j’ai réalisé que je pouvais réunir deux choses que j’adorais : les arts martiaux et le cinéma d’action.
Vous aviez envisagé une formation en pâtisserie. Quel a été le déclic qui vous a poussée à changer de trajectoire ?
Oui, j’ai suivi une école de cuisine pendant quatre ans, en pensant à l’époque que c’était ma vocation. Mais je me suis assez vite rendu compte que je m’éloignais de ma véritable passion : les arts martiaux. J’ai toujours été quelqu’un qui aime prendre des risques, relever de nouveaux défis et sortir de sa zone de confort. Alors j’ai décidé de suivre mon instinct et de tenter ma chance dans un univers complètement différent. Et aujourd’hui je sais que j’ai fait le bon choix, car je ne changerais pour rien au monde les décisions que j’ai prises !
Quel souvenir gardez-vous de votre expérience sur Anna de Luc Besson, et comment Hollywood s’est-il ouvert à vous ?
Anna a été une étape très importante pour moi, car c’était ma toute première expérience dans le monde du cinéma. J’avais seulement 18 ans, et commencer avec un film de Luc Besson, qui aurait pu rêver mieux ? Surtout moi qui suis une grande fan de son travail ! C’était une expérience difficile, mais j’ai énormément appris. J’ai découvert l’univers des tournages de cette envergure et eu la chance de travailler avec des gens très talentueux. Cette expérience m’a surtout confortée dans l’idée que j’étais à ma place dans ce milieu.
Pour Hollywood, rien ne s’est fait du jour au lendemain. Ça a été beaucoup de travail, de rencontres, de persévérance et d’opportunités que j’ai essayé de saisir au bon moment.
Vous avez travaillé sur Black Widow et Thunderbolts. Quelle expérience vous a le plus marquée ?
C’est difficile d’en choisir une seule, parce que chaque film m’a apporté quelque chose de différent. Travailler sur des productions Marvel, c’est assez impressionnant, surtout quand on réalise l’ampleur des équipes et des moyens mis en place. Mais ce qui me marque le plus, ce sont souvent les rencontres, les moments de partage avec les équipes et la satisfaction de voir à l’écran le résultat de tout notre travail.
Qu’est-ce que le grand public ignore encore du métier de cascadeur ?
Je pense que beaucoup de gens ne réalisent pas à quel point notre métier demande de la préparation et de la précision. Une scène qui dure quelques secondes à l’écran peut représenter des jours, parfois des semaines d’entraînement et de préparation. Ce n’est pas simplement prendre des risques ou être courageux. C’est surtout savoir maîtriser son corps, anticiper, travailler en équipe et répéter énormément pour que tout soit aussi spectaculaire que sécurisé.
Avez-vous dû redoubler d’efforts pour vous imposer dans un univers historiquement masculin ?
C’est un milieu exigeant, pour les hommes comme pour les femmes, mais je pense qu’en tant que femme, on peut parfois ressentir le besoin de prouver davantage ce dont on est capable. ayant grandi dans le monde des arts martiaux et ayant également travailler en cuisine, deux univers eux aussi très masculins, j’étais déjà habituée à évoluer dans ce genre d’environnement. Ça ne m’a donc jamais vraiment posé de problème.
Personnellement, j’ai toujours préféré laisser mon travail parler pour moi. Je suis quelqu’un de déterminé, j’aime les défis et je n’ai jamais voulu me fixer de limites. Aujourd’hui, je trouve ça génial de voir de plus en plus de femmes évoluer dans ce métier et montrer qu’elles y ont toute leur place.
Comment vivez-vous cette passion commune avec votre mari, Justin Howell ?
C’est une vraie chance de partager le même métier et surtout la même passion. On comprend parfaitement les exigences de nos carrières, les longues journées de tournage, les déplacements et parfois les périodes où l’on ne se voit pas beaucoup. Depuis le début, on s’est toujours soutenus et encouragés mutuellement à devenir meilleurs, aussi bien professionnellement que personnellement. On se conseille, on se motive et on se pousse toujours à se dépasser. Évidemment, il faut parfois trouver un équilibre entre le travail et la vie personnelle, mais je pense que cette passion commune est une vraie force dans notre couple.
Quels sont les nouveaux défis que vous rêvez de relever ?
J’ai encore énormément de choses que j’aimerais accomplir ! J’adore mon métier de cascadeuse, mais j’ai aussi envie de continuer à explorer le jeu d’actrice et de développer cette facette de ma carrière. Je suis encore au début de mon parcours et j’ai vraiment envie de voir jusqu’où cette aventure peut m’emmener.
Avec Matchbox, vous apparaissez dans un véritable rôle d’actrice-cascadeuse. Que représente cette expérience et quels souvenirs gardez-vous de John Cena ?
L’expérience sur Matchbox a vraiment été incroyable ! Que ce soit l’équipe de cascadeurs, les acteurs ou encore le réalisateur Sam Hargrave, qui est lui-même un ancien cascadeur, c’était un vrai plaisir de travailler avec des personnes aussi talentueuses et passionnées.
C’était également la deuxième fois que je travaillais avec John Cena. C’est quelqu’un de très agréable, de très travailleur et de très précis dans ce qu’il fait.
Je me sens vraiment chanceuse de pouvoir participer à de tels films, et encore plus d’avoir l’opportunité d’y apparaître à l’écran en tant qu’actrice-cascadeuse.
Quel message adresseriez-vous à la petite fille que vous étiez et à celles qui rêvent de suivre vos traces ?
Je lui dirais de continuer à croire en ses rêves, même lorsqu’ils paraissent complètement fous ou inaccessibles. De ne pas avoir peur de sortir des sentiers battus, de travailler dur et surtout de ne jamais laisser quelqu’un lui dire qu’elle n’est pas capable de faire quelque chose.
Si on m’avait dit, petite, que les arts martiaux m’emmèneraient un jour sur des plateaux de cinéma à l’autre bout du monde, je ne l’aurais probablement jamais cru. Alors je dirais simplement : osez, foncez et surtout, ne vous imposez pas de limites !
